
Un phénomène musical investit l’Auditorium Stravinski. Car cet Allemand de 35 ans, qui a passé sa jeunesse à Cologne, a réussi ce défi impensable de percer dans le dancehall jamaïcain et surtout de se faire respecter par les amateurs de reggae.
Cinq albums studio, un album live, dix ans de carrière sur les scènes du monde entier, plus de mille dates de concert à son actif... Gentleman est sans nul doute un des meilleurs produits d’exportation allemands ! Ses concerts font le plein et surtout Otto Tilman (de son vrai nom) réussit à transmettre à son public cette passion pour le reggae qui a happé tout son être lors d’un voyage en Jamaïque en 1992.
Son arrivée, le 11 décembre à l’Auditorium Stravinski, est donc très attendue. D’autant qu’elle suit son excellent cinquième album, «Diversity», qui a été précédé de l’étonnant single «It Not Pretty», un titre mélodieux et moins marqué reggae/dancehall, qui lui a permis de conquérir un nouveau public.
La plupart des riddims de ce dernier album varient entre dancehall et new roots et mettent en valeur la voix si particulière de Gentleman. Cet artiste considère par ailleurs que la musique est un partage. Non seulement avec un public, mais aussi avec d’autres magiciens de la scène. C’est ainsi qu’il a collaboré avec de nombreux artistes, dont Destiny’s Child ou Pink et qu’il propose pas moins de huit duos dans le CD «Diversity».
Est-ce à dire que Gentleman est entré en musique comme on entre en religion? «Non, répondait-il dans une récente interview. Je crois en Dieu, mais je ne crois pas en la religion. Mon dieu, c’est une énergie, celle qui s’exprime en chacun de nous à travers notre souhait de justice, notre lutte pour le bien. J’ai beaucoup appris des rastas. J’ai rencontré des rastas extrêmement spirituels, en paix avec eux-même et avec la nature. Mais c’est une religion avec ses dogmes et ses clivages. Si être rasta c’est rechercher la vérité, alors je suis rasta. Mais si c’est accepter Sélassié comme dieu, alors non. Ce n’est qu’un homme. Ma spiritualité, elle, est une quête...»
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