
Quelques semaines après leur triomphe à l'Auditorium Stravinski, voici enfin les photos du spectacle ainsi que quelques photos des coulisses.

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Ce vendredi 5 novembre, l’Auditorium Stravinski de Montreux accueille un concert qui a valeur d’événement. Outre le thème original –soit le mythe de Faust revisité par Gounod, Berlioz et Schumann–, les 140 chanteurs du Mouvement A Cœur Joie Suisse qui seront sur scène prendront congé de leur directeur, René Falquet. Il reste encore des places, mais réservez rapidement au 021 962 21 19, à la Fnac ou sur http://www.saisonculturelle.ch.
«Ah je ris de me voir si belle en ce miroir!». Le célèbre «air des bijoux» que chante La Castafiore dans les albums de Tintin sera bien sûr interprété ce vendredi à l’Auditorium Stravinski, puisque cette pièce appartient à l’opéra «Faust» de Gounod. A quelques jours du concert de l’Atelier A Cœur Joie Suisse –qui a pour thème central le fameux mythe du docteur allemand concluant un pacte avec le diable–, le directeur René Falquet se soumet à nos questions.
Pour lui, cette année 2010 se termine en beauté. Les 2 et 3 octobre derniers, c’est au son de la Messe en do mineur , de Mozart, que René Falquet a quitté la direction du Chœur de l’Elysée, dont il avait été le fondateur. Et voilà qu’il tire sa révérence en tant que directeur au sein du Mouvement A Cœur Joie Suisse, mouvement dans lequel il est entré en 1983.
René Falquet, vous venez de quitter la direction du Chœur de l’Elysée. Avec un pincement au cœur?
On a vécu en effet 42 ans d’un parcours magnifique. Au bout du compte, j’étais plus heureux que triste. L’émotion, je l’ai vécue tout au long de ces années à travers la musique. Plutôt que de s’attrister, je préfère garder ces beaux souvenirs-là. Toute chose a toujours une fin. On le sait à chaque départ d’une nouvelle aventure. Dès lors, je relativise la portée émotionnelle de cette étape finale obligatoire.
Si je vous demandais de réaliser un exercice à la Georges Pérec, en vous rappelant en vrac de certains moments de votre carrière avec le Chœur de l’Elysée et le Mouvement A Cœur Joie Suisse? De quoi vous souvenez-vous?
Comme ça, sans réfléchir, je me souviens d’abord du succès incroyable de l’oratorio Saint Ludmila de Dvořák en 1998 à l’Auditorium Stravinski. Un chœur de 240 personnes, un orchestre symphonique et deux salles pleines. Je me souviens des Vêpres de Monteverdi en 2004 au Vézelay en Bourgogne, de l’orage incroyable qui avait éclaté et des éclairs qui jouaient avec la partition dans la basilique Sainte-Marie Madeleine. Je me souviens de «Noé» en 1995, dans ce lieu magique du Théâtre du Jorat. Nous avions fait cinq représentations de ce poème lyrique que j’avais composé. Les choristes erraient dans ce lieu revêtus de tuniques vert pâle. C’était beau…

Pourquoi avoir choisi le mythe de Faust comme thème du dernier Atelier A Cœur Joie que vous dirigez?
Parce que c’est un thème d’une grande richesse. Il permet d’exprimer toute la gamme des sentiments humains. Il y a le thème de la faute, du malheur qui tombe sur Marguerite, le thème de la rédemption et de la recherche de la sérénité, celui de la jouissance des plaisirs interdits. Faust est aussi le héros de la quête du savoir.
Croyez-vous à l’existence du diable, avec lequel Faust conclut son fameux pacte?
Non, je crois plutôt que le diable est au cœur de l’Homme. Nous sommes tous les victimes de pulsions maléfiques, de forces mauvaises en nous.
Si vous deviez lui vendre votre âme, ce serait à quel prix?
Mon pacte avec le diable serait le suivant : je lui intimerais d’intercéder auprès de Dieu afin que ce dernier intervienne d’une manière plus efficace dans les affaires du monde.
Et en Dieu, y croyez-vous ?
Pour vous répondre, je ferai miens les propos du ténor Hugues Cuénod, âgé de 108 ans. Un journaliste imaginait qu’il dût avoir une foi inébranlable après avoir interprété tant de chants sacrés durant sa carrière. Cuénod répondit : «Non, je suis athée. Mais quand je raconte ces histoires, j’y crois!»
La retraite est un mot que vous aimez ou pas du tout?
Pour moi ce mot signifie liberté plus grande. Donc j’aurais tendance à l’apprécier! En fait, je ne prends pas de retraite. C’est une modification de mon activité. Je veux investir mon capital énergie dans des projets de créations. J’aimerais beaucoup refaire un spectacle choral et instrumental autour de l’œuvre de Ramuz: «Le règne de l’esprit malin». J’ai aussi envie de créer un oratorio ou alors de repartir dans une aventure semblable à celle de «Deux décis d’Odyssée», un spectacle qui s’est baladé fin septembre dans tout le district de Morges.
René Falquet, au terme de cette interview, que peut-on vous souhaiter?
Beaucoup de choses à commencer par la santé. Mais, s’il fallait choisir quelque chose de plus concret, je souhaite que le public soit le plus nombreux possible, ce vendredi 5 novembre à l’Auditorium Stravinski, car le concert sera un magnifique moment de musique.

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L’obsession de la jeunesse éternelle est au centre de la fantastique création que propose cette année le Grand Atelier A Cœur Joie Suisse, sous la direction de René Falquet. Vous aussi, pénétrez dans les tréfonds de l’âme de Faust, à travers les magistrales œuvres lyriques composées autour de ce mythe!
Plus qu’un concert, c’est un véritable voyage musical que vous propose de réaliser l’ensemble choral A Cœur Joie (qui a particpé également à l’Atelier «Faust» des 20es Choralies de Vaison-la-Romaine l'été passé). Un voyage lyrique qui traverse trois chefs-d’œuvre ayant pour personnage principal l’illustre docteur, ce héros romantique qui a vendu son âme au diable: «La damnation de Faust» d’Hector Berlioz, le «Faust» de Charles Gounod ainsi que les «Scènes de Faust» de Robert Schumann.
Dans une version inédite conçue pour la représentation du
5 novembre à l’Auditorium Stravinski, vous vivrez ce périple en émotion ainsi qu’en images. Le destin de Faust vous sera narré à travers un dialogue de Jean-Samuel Curtet, et prendra tout son relief à l’écoute des pages les plus célèbres des trois œuvres précitées. De plus, le concert de Montreux sera chatoyant, car il sera porté par une mise en images et en lumières qui renforcera considérablement l’impact de l’histoire et en soulignera admirablement la musique.
A la baguette, on trouvera René Falquet, l’un des chefs de chœur les plus réputés de Suisse romande. A la tête du Chœur de l’Elysée - dont il est le fondateur - du chœur Da Camera de Neuchâtel et des Ateliers A Cœur Joie Suisse, il a dirigé les plus grandes œuvres du répertoire, autant classique (Monteverdi, Bach, Mozart, Verdi, Brahms, Dvorak, Fauré, etc.) que celui des compositeurs du XXe siècle (Rachmaninoff, Stravinski, Honegger, Sutermeister, Lloyd Webber, etc.). René Falquet est également un compositeur fécond. On lui doit aussi bien des cantates, des chœurs isolés, que des musiques de comédies.